La Provence, terre emblématique du vin, de l’olivier et du soleil, est aujourd’hui en pleine réflexion sur l’avenir de ses paysages agricoles. Si la vigne reste profondément ancrée dans l’identité régionale, un mouvement discret mais révélateur gagne du terrain : dans certaines zones, des parcelles de vigne sont arrachées, et des arbres y sont replantés.

Ce phénomène, à la croisée de l’écologie, de l’agronomie et de l’aménagement du territoire, pose une question centrale : pourquoi planter des arbres là où, depuis des générations, la vigne occupait toute la place ?


Un contexte d’arrachages viticoles croissants en Provence

Depuis plusieurs années, certaines parcelles viticoles provençales sont abandonnées ou arrachées, pour diverses raisons :

  • Vignes trop âgées, fatiguées, peu adaptées aux nouvelles conditions climatiques,
  • Faible rentabilité de certaines zones en dehors des grandes AOP,
  • Pression foncière dans les zones littorales ou proches des agglomérations,
  • Évolutions professionnelles, transmission difficile ou cessation d’activité.

Dans bien des cas, il ne s’agit pas d’un renoncement à la viticulture, mais d’un réajustement raisonné de l’usage des terres, ou d’une volonté d’ouvrir les paysages à de nouvelles fonctions écologiques et agricoles.


Planter des arbres : un choix d’avenir

Face à ces arrachages, une nouvelle option s’impose progressivement : planter des arbres à la place de la vigne. Ce choix repose sur plusieurs motivations convergentes.

Restaurer les équilibres écologiques

Les arbres jouent un rôle fondamental dans le bon fonctionnement des écosystèmes agricoles :

  • Ils stabilisent les sols et limitent l’érosion, particulièrement sur les restanques et les pentes exposées,
  • Ils hébergent une biodiversité riche : oiseaux, insectes pollinisateurs, auxiliaires utiles à la vigne,
  • Ils améliorent la fertilité naturelle des sols grâce à l’apport de matière organique et à leurs racines profondes.

Dans une région viticole aussi façonnée par l’homme que la Provence, les arbres permettent de ramener du vivant là où la vigne règne souvent en monoculture.

Faire face aux changements climatiques

Avec des températures de plus en plus élevées, des sécheresses persistantes et des épisodes de gel ou de grêle plus fréquents, les viticulteurs provençaux cherchent à diversifier leurs systèmes agricoles pour les rendre plus résilients. Les arbres :

  • Créent de l’ombrage et réduisent l’impact des fortes chaleurs,
  • Retiennent l’humidité et facilitent l’infiltration de l’eau,
  • Agissent comme barrières naturelles contre le vent (notamment le mistral) et la grêle.

La plantation d’arbres devient ainsi une stratégie d’adaptation climatique à moyen et long terme, de plus en plus adoptée dans les vignobles du sud.


Une logique de reconversion ou de transition

La plantation d’arbres peut s’inscrire dans plusieurs types de projets en Provence :

  • Reconversion agroforestière : transformer une ancienne parcelle viticole en verger méditerranéen (oliviers, amandiers) ou en haie fruitière, voire en bois à vocation écologique ou productive,
  • Mise en jachère végétalisée avec une valorisation paysagère à base d’essences locales (chênes verts, tilleuls, micocouliers…),
  • Diversification d’exploitation : pour intégrer des productions complémentaires comme le miel, les petits fruits, le bois ou la trufficulture.

Ces initiatives ne sont pas systématiques, mais elles montrent que l’arrachage d’une vigne ne signifie pas abandon, et que la terre peut continuer à produire autrement, en s’ouvrant à la diversité.


Une réponse à la demande sociétale

Le public, qu’il soit local, promeneur ou œnotouriste, est de plus en plus sensible à la diversité du paysage, à la biodiversité visible et à l’engagement environnemental des domaines viticoles.

Les arbres plantés en remplacement de vignes vieillissantes sont parfois intégrés à des circuits de promenade, des sentiers viticoles ou des projets pédagogiques. Ils contribuent à créer un paysage provençal plus vivant, plus harmonieux, apprécié aussi bien par les habitants que par les visiteurs.


Une démarche accompagnée et soutenue

De nombreuses structures en Provence soutiennent les projets de replantation :

  • Chambres d’agriculture, CAUE, syndicats viticoles ou associations agroécologiques,
  • Programmes d’aides agroenvironnementales (MAEC, PCAE, Plan Arbres),
  • Initiatives locales de mécénat ou de financement participatif orientées paysage ou biodiversité.

Les porteurs de projets bénéficient souvent d’un accompagnement sur :

  • Le choix d’essences locales et adaptées au climat méditerranéen,
  • La gestion des sols après arrachage,
  • Le design paysager (haie multifonctionnelle, alignement, verger extensif, bois mixte…).

Conclusion : planter des arbres, c’est redessiner la Provence viticole de demain

La plantation d’arbres après l’arrachage de vignes n’est pas une rupture brutale, mais une transition douce, réfléchie et constructive. Elle illustre la volonté d’un monde agricole en Provence de réinventer ses pratiques, ses paysages et son lien au vivant.

Dans une région où la vigne est reine, l’arbre revient comme un compagnon discret mais essentiel, à la fois gardien du sol, refuge de biodiversité et acteur d’un paysage agricole plus équilibré.

👉 Contactez-nous pour échanger sur vos projets de replantation ou de transition paysagère.